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  • : Le blog de Carole et Philippe, parents d'Abigaël
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  • : blog créé en la mémoire de notre fille Abigaël, décédée d'une tumeur rhabdoïde à l'âge de 13 mois. Ceci est réalisé en son honneur, afin de NE PAS OUBLIER sa vie, son combat, sa joie de vivre.
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Jeudi 29 mai 2008
Nous arrivons sur Nantes avec Abigaël au 5ème étage, nous sommes attendus
Nous sommes très bien accueillis, mais je n'ai qu'un souhait qu'ils me disent que nous nous sommes trompés d'étage, je voudrais tant être ailleurs



De nouveaux examens sont entrepris ( echo, scanner, biopsie, ...)
Cela démarre très vite, Abi et sa maladie sont très vite pris en charge.

On nous annonce qu'une masse est présente au niveau du foie, et qu'elle fait déjà 7cm sur 4cm !!!! dans un si petit corps ... très impressionnant et personne n'a rien vu, n'a rien senti, pas même nous...


Nous avons le droit de rentrer ce week end à la maison pour recharger nos batteries

Abigaël vient d'adopter son doudou officiel " mon tee-shirt" avec mon odeur , nous aurons 2 autres tee-shirts doudous mais elle a ses préférences, blanc et en coton!

Au retour du week end, nous reprenons les examens (pose du cathéter central au bloc), la masse a déjà augmenté : 9 cm! ahurissant, cela va très vite,
il est décidé de commencer sans tarder la chimiothérapie afin d'enrayer la progression, de ralentir cette tumeur de grossir ( 2cm en une semaine!!!)
Par Carole et Philippe - Publié dans : maladie
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Mercredi 28 mai 2008

(Photo: prise juste avant l'arrivée aux urgences, qui dirait qu'elle est malade?)
A 3 mois et demi, nous avons fait son vaccin ( la deuxième injection du pentavax).
Dès lors elle commence à faire un peu de fièvre, rien d'inquiétant après un vaccin.
La fièvre commence à se prolonger, et arrive toujours vers la même heure, après la sieste de l'après midi , 38.2 / 38.5
Après un doliprane, la fièvre s'en va, rien le soir, rien le matin, juste l'après-midi.
Je téléphone à mon médecin traitant qui me dit de venir tout de suite, que ce n'est pas normal, il pense à une otite, ou à une infection urinaire. Mais on est jeudi soir, je n'arriverais pas à avoir de rendez vous pour le lendemain
Je décide d'aller (pour une fois!) aux urgences de Saint -Nazaire. Tous les examens sont faits mais rien n'est trouvés. Nous rentrons chez nous et passons le week-end en famille. Le lundi , je téléphone à mon médecin pour lui demander une prise de sang, il me conseille d'aller aux urgences, car pour les bébés, il faut piquer à la tête.
Nous y retournons. La prise de sang est faite. Elle est anémié, manque de globules rouges, il va falloir transfuser. Le lendemain des examens complémentaires sont faits notamment une échographie pour voir la rate, les pédiatres pensent qu'elles ne fonctionnent plus correctement et qu'il va falloir l'enlever. Quand il me parle de transfusion, de rate... je ne sais pourquoi je leur parle de leucémie. Ils me rassurent, la prise de sang n'allait pas dans ce sens-là.
Mais l'échographie révèle autre chose ... Peu de temps après l'échographie, le staff débarque dans notre chambre. Rien de bon... Le chef de service me reparle de ma première pensée la leucémie, essaye de me faire comprendre la gravité de la maladie, çà je l'ai compris, c'est le reste que je n'entends plus "foie" "masse" "en urgence envoyée sur Nantes en oncologie pédiatrique" ...c'est le chaos, je pleure, ne comprend rien , il faut que je prévienne Philippe, nous partons dans une demi-heure le temps de préparer le transport... heureusement je suis entourée par une voisine qui travaille à l'hôpital, et par les éducatrices de jeunes enfants, des amies (merci , merci encore, de votre soutien ). Nous partons sur Nantes ...


Par Carole et Philippe - Publié dans : maladie
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Mercredi 28 mai 2008
 Abigaël est arrivée le 08 mars 2007 à 18h55 , à terme. Elle fait la fierté de son frère et de ses parents.










Alan adore sa soeur et cela ne s'en démentira jamais même dans la maladie , ... surtout pendant la maladie
Merci Alan d'avoir tant fait rire ta soeur et de lui avoir donné toujours autant d'énergie.





Abigaël imitant son frère








La main protectrice du grand frère, (j'en suis sûr tu aurais bien veillé sur elle dans l'avenir, mais, c'est elle qui va te veiller de là-haut,chacun son tour...)
Par Carole et Philippe - Publié dans : photos
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Mardi 27 mai 2008
..... ne remplacera jamais le bonheur de t'avoir connu"

 Photos réalisées à Paris à Kremlin-Bicètre lors de l'opération











 Abigaël juste avant la découverte de la maladie à 4 mois











Abigaël à l'hôpital de Nantes
Par Carole et Philippe - Publié dans : photos
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Mardi 20 mai 2008
Perdre son enfant n'est pas dans la logique des choses, on devrait partir avant lui, qu'il ou elle, ait une belle vie, bien remplie et longue...
Mais voilà , ce n'est pas le cas de tout le monde...

Et puis, il y a cette perte, ce vide....

 Pendant de nombreux mois notre quotidien a été les allers-retours entre la maison et l'hôpital toutes les semaines, et puis du jour au lendemain, c'est le silence, on tourne en rond, on ne sait pas quoi faire de ses journées ( même si le travail ménager s'accumule !), on n'a de goût à rien. On a envie de ne voir personne, sortir de la maison devient presque une peur... Il faut réussir à surmonter tout cela, se battre contre soi-même, se bouger. Retravailler peut être bienfaisant pour certains, çà peut aider, pour moi cela attendra un peu...
Et puis les personnes que l'on a le plus cotôyées pendant ces derniers mois ne sont pas notre famille ou nos amis, mais le personnel soignant, le corps médical, les parents des autres enfants malades.
Et du jour au lendemain, on ne croise plus ces personnes. La coupure est franche, trop tranchée...
Pour nous parents désenfantés , le vide se fait 2 fois plus ressentir ( il y a d'abord notre enfant qui s'envole et puis les personnes cotoyées ces derniers temps)

Bien sûr il y a la famille, les amis mais....ils ne comprennent pas toujours, ne savent pas par quoi nous sommes passés, l'hôpital, les traitements, les angoisses, les enfants qui s'en vont ....

Pour ma part, j'ai cherché après le départ d'Abigaël :
-la psy ( qui vous écoute mais ne vous retourne rien ! )
-les groupes de parole : trouver "petite étoile", pour parler de nos bébés décédés ( mais plutôt mort subite du nourrisson, ou mort né, je ne m'y suis pas retrouvé donc pas participé, ...pas beaucoup en rapport avec les cancers pédiatriques
-J'ai finit par trouver sur internet , un site " médicalistes" sur laquelle une liste était consacrée aux parents d'enfants décédés d'un cancer et surlaquelle on peut parler de tous1 nos soucis
Un regret toutefois, de ne pouvoir se voir

Alors une idée me vient : Ne serait-il pas possible ou existe t-il déjà peut être, une association ou un groupe de parole au 5ème pour l'après?
Après le décès de notre enfant, pouvoir en parler à d'autres familles qui ont connu le deuil de leur enfant, pouvoir exposer notre colère, nos angoisses, pouvoir tout simplement en PARLER avec d'autres familles, sortir les familles de leur ISOLEMENT...
Et puis pouvoir parler avec les familles qui sont encore à l'hôpital, car pour eux aussi la coupure est franche et pourtant à ses parents on a envie de les rassurer, de les encourager à poursuivre leur chemin. Pendant de nombreux mois des liens se tissent , tout doucement, imperceptiblement, et pourtant ... après le décès , on n'ose plus, ni l'un ni l'autre
Alors si un groupe de parole , ou une pause thé/café pouvait être proposé une à deux fois par mois au 5ème afin que tous ceux qui en ont besoin puissent se retrouver
ou autre , je cherche des idées , les vôtres aussi sont les bienvenues

A bon entendeur...............................
Par Carole et Philippe - Publié dans : une association ?
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Lundi 19 mai 2008
                                                                                                                                                                     Cette photo a été prise lorsque nous étions à la neige, les dernières vacances en famille.
Cette photo a été prise 4 jours avant son décès, son envol de petit ange...
On voit que le sourire n'est plus là , mais quelle prestence, elle se tient droite, mains croisées, et nous regarde toujours avec ses grands yeux vifs...


Dimanche 13 Avril 2008:
Abigaël dort dans notre chambre , nous la gardons près de nous, nous entendons sa respiration qui se fait de plus en plus difficilement, heureusement qu'il y a l'extracteur ( grosse machine à fournir de l'oxygène) que notre voisin ( merci Michel) a réceptionné la veille, pendant notre voyage de retour. Nous l'écoutons toute la nuit respirer.
Au petit matin elle a les 2 côtés de la tête enflées par les oedèmes et toussent beaucoup. Comme nous n'avons pas trouvés de kiné pour la kiné respi car nous sommes dimanche nous appelons l'hôpital. La kiné va pouvoir l'aider à mieux respirer nous l'espérons, pour son confort à elle, et puis nous voulons voir un médecin pour comprendre à quoi s'attendre dans les jours à venir. Nous ne voulons pas qu'elle souffre, mais nous voulons la garder près de nous le plus possible.
Philippe, va avec elle à l'hôpital, moi je reste avec Alan. En la voyant partir avec son alimentation entérale, son oxygène, sa difficulté à respirer, je ne peux m'empêcher de pleurer, car j'ai l'impression qu'elle ne reviendra pas.... Phillipe, me rassure en me disant qu'il la ramènera ce soir ici avec nous...
Une longue journée commence entrecoupée de coups de fils avec Philippe. Enfin, ils reviennent...
Lorsque je vois Abigaël, je pleure, je vois sur son visage "le masque de la mort". Elle revient avec 2 autres pompes dont une avec de la morphine. Jusqu'à présent nous la soulagions avec du doliprane et du codenfan, mais il est vrai que pour son confort ,il faut passer à autre chose. Elle continue de manger un peu de yaourt et boit beaucoup, en seringue de l'eau.
Nous la mettons à se reposer, puis couchons Alan. Quand je retourne auprès d'elle , j'appelle Philippe en urgence, quelque chose ne va pas, elle a le regard fixe et respire bruyamment, elle a froid. Je la berce en lui parlant et en l'embrassant ; Philippe appelle l'hôpital , nous sommes paniqués, ils nous disent de la ramener au 5 ème , mais nous ne le voulons pas, nous ne sommes pas sûr qu'elle soit transportable . L'interne va nous rappeler pour faire un point nous disent-ils. pour finir ce sera le chef de service en personne, le docteur M, de chez elle ,qui nous téléphonera. Nous ne voulons pas la ramener à l'hôpital,  nous avons bien compris que c'est son heure, qu'elle va partir, mais que c'est dûr à accepter... Le docteur est d'accord avec nous un trajet ne fera que la stresser et au contraire, nous conseille de la rassurer, de l'entourer.
C'est ce que nous faisons nous la berçons, nous lui parlons, de toutes les joies qu'elle nous a apportée, nous nous rappelons les bons moments, nous pleurons, nous l'embrassons, nous la rassurons, qu'elle peut partir, elle a déjà assez souffert, qu'elle nous fasse un signe de là haut, que nous ne l'oublierons jamais...
Nous sommes tous les trois dans notre lit et nous la cajôlons. Ses yeux commenceront à se fermer doucement et sa respiration à ralentir, elle se réchauffe . Nous passons la nuit tous les 3 blottis les uns contre les autres Abigaël entre nous, nous l'entourons de tout notre amour... Vers 7 h un coup du fil du docteur pour prendre des nouvelles d'Abigaël . Elle est là entre nous. Nous ne voulons pas aller à l'hôpital, mais il nous manque de la morphine sans doute, car c'est une petite pompe. Il est décidé que l'hôpital va prendre contact avec nos infirmières à domicile, pour qu'elles en tant que professionnelles retranscrivent ce dont Abigaël a besoin .
L'hôpital nous rappelle en précisant que nos infirmières sont un peu débordées ce matin et que donc une équipe du chu est en route eux mêmes, pour faire un point( un docteur M.H.et une puéricultrice F.). Nous confions Alan chez les voisins.
A leur arrivée, elles trouvent Abigaël sereine. Elles nous expliquent qu'Abigaël est en train de s'endormir tout doucement, pour ne jamais plus se réveiller. Elles ont contacté notre médecin de famille, qui arrive lui aussi .
Elles vérifient la pompe à morphine qui nous disent- elles, à un très faible débit . Je la reprends dans mes bras et nous parlons d'Abigaël, de son combat, de son prochain départ, de l'après , des démarches à faire, de son frère...
Une fois que nous avons fait le tour de toutes les questions et que nous avions compris, Abigaël, s'est laissé partir, dans nos bras, entourée de son papa et de sa maman, de F, puéricutrice et MH docteur au 5ème

Abigaël s'est éteinte le lundi 14 Avril 2008 à 12h20....


Par Carole et Philippe - Publié dans : décès
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Lundi 19 mai 2008
J'aurais pu appeler cela aussi :   faut-il croire à "l'incroyable", ou au surnaturel ?
Disons que parfois des faits étranges se produisent , Pourquoi?

Nous sommes issus de familles cartésiennes, pragmatiques, mathématiques
"un fait est un fait , démontre le..."

Et pourtant.... depuis le décès d'Abigaël , on a envie d'y croire ( et peut être besoin aussi...)

C'est arrivé après l'enterrement d'Abigaël, le lendemain.
Avec Phillipe, après l'effervescence de ses derniers jours, la famille et les amis présents, nous avions besoin de nous retrouver seul, tous les deux. Nous nous sommes absentés après 20h le vendredi , pendant que papili et mannick s'occupaient d'Alan. Quand nous sommes rentrés vers 22h Alan nous attendait ( car il avait eu peur). Mes parents nous expliquèrent que lorsqu'ils ont couché Alan, les lumières de la maison se sont mises à clignoter ( partir, revenir, partir, revenir...) Notre maison n'est pas toute neuve et nous savons que notre réseau électrique sera à refaire un jour, mais nous n'avons jamais eu ce problème là auparavant ( ni après ) . Et pendant qu'ils nous expliquent cela , nous sommes perplexe ... et voilà que la lumière se coupe totalement , là pendant 10 minutes et revient toute seule . Et depuis plus rien, plus aucune coupure.

On a envie de croire que c'est notre fille qui est venu nous dire au revoir une dernière fois avant de partir ....

De même, le jour de l'enterrement des amis ont lâché une colombe au cimetière ( quel beau symbole que celui de la colombe qui s'envole vers le ciel) . Une colombe achetée le matin même sur Nantes, et voilà que depuis elle s'est posée chez mes voisins. ( pourquoi ne pas aller ailleurs ,sur Nantes ou plus dans la campagne...?)
Comme aujourd'hui, sortant de chez le médecin , je vois la colombe qui passe devant moi pour aller se poser sur le fil électrique proche et qui chante. Je poursuis ma route et m'en vais plus loin, au cimetière et sortant de celui-ci , je m'aperçois que la colombe m'a suivie et continue de chanter .....

.... alors HASARD, toujours pareil on a envie d'y croire, à un signe, mais.....
Par Carole et Philippe - Publié dans : le hasard
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Samedi 17 mai 2008
Alan, 3ans 1/2, ne s'en sort pas trop mal ...pour l'instant
Ce n'est pas évident à cet âge là de comprendre la mort.
Il nous parle d'Abigaël : il faut garder le croûton de pain comme d'habitude pour Abigaël,
Il vient au cimetière avec nous et fait "coucou Abigaël" au dessus des fleurs (mais il n'y a que lui qui c'est où exactement faire le coucou, pas nous)
L'autre soir , en rentrant tard de chez des amis, il nous a dit en regardant le ciel étoilé "Abigaël est là haut c'est une étoile" ,  ... si petit et déjà tout compris !!! 
Il faisait aussi référence à un livre qu'Emilie, une copine,  lui a offert ' L'étoile de Léa", très beau livre pour les enfants, chaque fois que je le lisais à Alan , pour le préparer au prochain départ de sa soeur, je ne pouvais pas m'empêcher de pleurer.
Il me regardait en silence puis finissait toujours pas me demander mais "pourquoi tu pleures, maman"
Alors je lui expliquais qu'Abigaël, avait une grave maladie, et qu'un jour malheureusement elle aussi elle mourait et deviendrait peut être une étoile, et qu'elle me manquerait,
Alors il me demandait si lui aussi me manquerait s'il venait à mourir, mais bien sûr mon chéri mais je t'en prie un enfant qui s'envole c'est déjà suffisant , alors je t'en prie laisse moi m'en aller avant toi, vie ta vie le plus longtemps possible...
Aujourd'hui, il nous a dit qu' elle lui manquait. Il rêvait de lui donner la main quand elle apprendrait à marcher.
Alors on s'est rappelé les bons souvenirs, où il jouait tous les 2, à 4 pattes à essayer d'attaper l'autre, où quand elle attrapait le bébé chat par la queue, où quand elle faisait du cheval sur son dos et qu'elle rigolait., .....
Nous avons promis de nous regarder les vidéos ensemble

Nous ne voulons pas qu'Alan oublie sa soeur, mais nous ne voulons pas non plus tomber dans le culte de sa soeur décédée, nous ne lui rabâchons pas à longueur de journée, ta soeur par çi, ta soeur par là...nous parlons d'elle normalement ni plus ni moins, la vie ne doit pas s'arrêter de tourner pour lui, il aura son anniversaire, son noël...il doit avoir une vie de petit garçon normal
Sa vie à lui n'a pas été évidente pendant la maladie de sa soeur: il connaît toutes les salles de jeux des hôpitaux , il a été en "vacances" plus souvent chez papy , mamie et chez papili, mannick, il a du s'adapter à aller pour la première fois à l'école, l'après midi chez une nounou, des parents moins disponibles...que de changements

Depuis le décès de sa soeur, il a fait d'énorme progrès, il se déshabille, s'habille seul, ne réclame plus d'aide pour manger, ne veut plus de biberon, prend son bain ou sa douche "presque" seul, il a grandit , "Je suis un grand"il est vrai que nous sommes plus disponible aussi ,

Alors oui, pour l'instant j'ai envie de dire qu'Alan ne va pas trop mal...

Par Carole et Philippe - Publié dans : des nouvelles de la famille
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Samedi 17 mai 2008
Vendredi 4 Avril 2008:
Nous venons à l'hôpital faire une cure de chimio, la dernière
Nous venons aussi demander auprès des médecins l'autorisation de partir en vacances
Nous savons que ce n'est pas très recommandé, la montagne alors que notre enfant a des nodules aux poumons, mais nous avons un pied à terre qui nous attend, et au bout de neuf mois d'hôpital on a envie de changer d'air, de voir autre chose. Que ce soit Nadège ou Caroline, elles nous donnent l'autorisation, nous savons tous que ce sont les dernières vacances en famille (  aussi les premières !)
Nous avons bien conscience que nous prenons le risque de partir avec notre enfant et de revenir avec un cercueil.
J'ai une boule dans la gorge ce jour-là ,car j'ai l'intime conviction que je ne reviendrais plus dans le service avec Abigaël ( appelez çà 6ème sens ou autre) mais cela s'avèrera vrai
Nous faisons le tour du service pour dire au revoir ce jour-là aux infirmières, auxiliaires, ash, docteurs, et parents des autres enfants présents

Samedi 5 Avril 2008
Préparation des bagages (une valise entière de médicaments et alimentation entérale pour Abigaël) et pour Abigaël une transfusion d'hémoglobine pour "affronter" les vacances...

Dimanche 6 Avril 2008
Nous décidons de rouler de nuit afin que les enfants dorment.
Il nous faut traverser toute la France soit à peu près 12h
Alan at Abigaël sont tout exictés, ils s'amusent tous les deux en voiture à enlever leurs chaussettes. La nuit est courte pour eux aussi.
Nous arrivons le matin vers 7h. La journée se passera à découvrir la station, se reposer, faire un peu de luge.
En fin d'après midi, nous allons voir le médecin de la station, car nos deux enfants toussent. Nous en profitons pour lui parler de la maladie d'Abigaël, il nous trouve inconscient, ainsi que les médecins de nous avoir laissé partir. Il décide d'une prise de sang. Elle est bonne, nous pouvons rester !

Lundi 7 Avril 2008, mardi 8 Avril, mercredi 9 avril,
Location du matériel, première descente avec papa, puis maman, nous alternerons ainsi à tour de rôle afin qu''Abigaël puisse se reposer le matin et , l'après midi nous sortons tous "prendre l'air"

Jeudi 10 Avril 2008
Abigaël a toussé toute la nuit, je décide de retourner voir le médecin de la station pour lui demander si de la kiné respi ne lui ferait pas du bien. Il ne nous reconnait pas et le prend de haut mais finit par nous prescrire ce que je demande
L'après midi , la kiné ; mais je trouve Abigaël très fatiguée à la limite "bleue"
Nous retournons donc voir le médecin pour lui demander si nous ne pouvions pas avoir une petite bouteille d'oxygène afin d'améliorer son état, l'aider à mieux respirer, il nous dit qu'il faut descendre en plaine aux urgences, l'hôpital est à 1h 1/2 de la station. Nous redescendons tous , nous sommes très bien accueillis par l'équipe pédiatrique Abigaël est fatiguée mais reprend déjà de meilleure couleur sous oxygène
Je reste auprès d'elle la nuit tandis que Philippe, le papa et Alan remonte en station  pour faire le ménage, et faire les bagages
Nous savons qu'il n'est pas raisonnable pour elle de remonter là haut, au moins aura t-elle vu la neige, elle aura vu autre chose ...

Vendredi 11 Avril 2008
Abigaël est très fatiguée. Nous organisons le retour avec notre voiture ( et pas en ambulance) et nos petites bouteilles d'Oxygène, Abigaël est très contente de voir son frère, ils se comprennent ces deux-là! c'est fou! nous repartirons le lendemain matin, il est temps de trouver un hôtel pour Alan et Philippe

Samedi 12 avril 2008
Quand Abigaël se réveille, elle a tout un côté de la joue enflée, je pense à une réaction allergique à un médicaments, mais après un appel à nos médecins, la docterresse me dit que "c'est la maladie qui progresse"
Je pleure, pas comme çà, pas déjà , çà va si vite....
Nous prendrons notre temps pour le retour sachant qu'Alan a besoin de courir , Abigaël aussi regarde son frère elle apprécie d'être dans nos bras dehors, elle continue de manger du yaourt
Nous appelons des kiné pour le lendemain mais aucun ne veut se déplacer à la maison ils nous disent d'aller à l'hôpital ......

 
Par Carole et Philippe - Publié dans : dernières vacances
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Samedi 17 mai 2008

"Les mots exacts pour le dire " De Rita Moran , arrangé à notre façon,
c'est un texte qui représente bien notre état d'esprit actuel :

Je vous en prie,
ne me demandez pas si j'ai réussi à le surmontez
je ne le surmonterai jamais

Je vous en prie
ne me dîtes pas qu'elle est mieux là où elle est maintenant,
elle n'est pas ici auprès de nous

Je vous en prie
ne me dîtes pas qu'elle ne souffre plus,
je n'ai toujours pas accepté qu'elle ait dû souffrir

Je vous en prie,
ne me dîtes pas que vous savez ce que je ressens,
à moins que vous aussi, vous ayez perdu un enfant

Je vous en prie,
ne me demandez pas de guérir
le deuil n'est pas une maladie dont on peut se débarrasser

Je vous en prie
ne me dîtes pas "au moins vous l'avez eu tel nombre d'années"
selon vous à quel âge votre enfant devrait-il mourir?

Je vous en prie
Ne me dites pas que Dieu n'infflige pas plus que ce que l'homme peut supporter

Je vous en prie
Dîtes moi simplement que vous êtes désolés

Je vous en prie
Dîtes moi simplement que vous vous souvenez de mon enfant,
si vous vous rappelez de lui

Je vous en prie,
Laissez moi simplement parler de mon enfant

Je vous en prie
Mentionnez le nom de mon enfant

Je vous en prie
laissez moi simplement pleurer.

Par Carole et Philippe - Publié dans : poèmes, textes
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